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Le trafic d'organes en Chine  Real PlayerWindows Media PlayerAdd to My PlaylistDonnez votre avis sur le programme
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Thème de la semaine, tout sur le


C’est samedi 16 janvier 2010 que David Matas et David Kilgour ont reçu à Berne, en Suisse, le prix des droits de l’homme décerné par la branche suisse de la Société Internationale des Droits de l’Homme.

David Kilgour, ancien secrétaire d’état canadien et David Matas, canadien lui aussi et avocat en matière de droit de l’homme, enquêtent depuis bientôt 4 ans sur les trafics d’organes en Chine et plus particulièrement sur les organes prélevés sur des pratiquants du Falun Gong.

Dès 2006, ils arrivaient à la conclusion que depuis 1999 - en fait c’est le début de la persécution des pratiquants de Falun Gong - et là on cite M. Matas « Le gouvernement chinois, et ses différents bureaux dans le pays tout entier ont mis à mort un grand nombre, mais inconnu, de prisonniers de conscience de Falun Gong. Leurs organes vitaux, reins, foie, cornée, cœur ont été prélevés volontairement pour être vendus à prix élevés, parfois à des étrangers qui habituellement doivent attendre très longtemps pour avoir un donneur volontaire dans leur propre pays. »

Depuis leurs révélations, des mesures ont été prises dans le monde pour lutter contre le trafic d’organe. Par contre, en Chine, les conditions ont empiré pour les pratiquants de Falun Gong.


David Matas

Quelle a été votre motivation lorsque vous avez accepté la demande de la CIPFG, la Coalition pour enquêter contre la Persécution du Falun Gong ? (ndlr : d’enquêter sur les prélèvements d’organes faits sur les pratiquants de Falun Gong)
Eh bien toute ma carrière durant, j’ai été plongé dans les droits de l’homme, d’une certaine façon en essayant de tirer les leçons de l’Holocauste et d’agir. Et une des leçons que j’ai retenue est le besoin des gens, partout, d’agir contre les violations des droits de l’homme, où qu’elles se trouvent, parce que c’est seulement avec des personnes soutenant les droits de l’homme que les droits de l’homme vont être respectés. Nous ne pouvons pas laisser ça uniquement aux gouvernements et aux organisations non gouvernementales et gouvernementales. Et nous ne pouvons pas dire qu’une chose est lointaine parce que les gens impliqués dans les violations ont de la difficulté à gérer ça. Souvent, c’est seulement les gens qui sont en retrait qui ont la perspective, la sécurité, pour s’occuper de ces violations.

Il y a aussi, dans de cas précis, une question de preuve. Ayant été impliqué dans plusieurs organisations des droits de l’homme, je connais leur protocole au sujet des preuves, les éléments déclencheurs qui les font mettre au travail. Et dans ce cas là, on avait des allégations de victimes tuées et de corps brûlés. Il n’y avait pas de témoins parce que c’était dans une salle d’opération fermée, il y avait peu de chance que les coupables l’avouent, les documents étaient dans des dossiers en Chine, probablement jamais accessibles. Les rapports sur les droits de l’homme, les défenseurs des droits de l’homme sont opprimés en Chine. Personne ne pénètre dans les prisons chinoises sauf pour un simulacre de visite organisée par le gouvernement chinois. Nous avons-nous même essayé de rentrer en Chine mais on nous a refusé le visa.

Donc les obstacles sont importants, suffisamment importants pour qu’à ma connaissance Amnesty International, Human Rights Watch etc vraisemblablement ne veulent pas s’impliquer.

J’ai senti qu’il y avait un fossé que des gens comme moi et David Kilgour pouvaient combler et devaient combler en raison de la gravité des allégations. Donc c’était une combinaison de tous ces facteurs.

Maintenant que votre livre est paru, quelles seront les prochaines étapes que vous prévoyez ? (ndlr : Bloody Harvest, paru en 2009)



Et bien, c’est la même chose, le problème n’a pas disparu. Dans un certain sens, il a même empiré parce que du côté de la demande, la question est plus ou moins résolue ; mais l’offre non. En raison de la diminution de la peine de mort mais du maintien du volume des transplantations, il semblerait que les organes prélevés sur les pratiquants de Falun Gong soient en augmentation plutôt qu’en diminution.

Donc nous avons toujours beaucoup à faire.

Je suis heureux de voir que la Société Internationale pour les Droits de l’Homme nous ait rejoints dans cette lutte et nous avons besoin de plus de partenaires pour mettre fin à ces violations. Je voudrais dire aussi que nous avons eu hier une très bonne discussion avec le ministère des affaires étrangères suisse, et au moins une des personnalités qui se trouve ici aujourd’hui. Nous avons constaté beaucoup de changements depuis que nous avons commencé à aller dans le bon sens, pas suffisamment pour résoudre le problème, mais nous avons l’espoir que des choses peuvent se produire et que nous pouvons faire face à ce problème très spécifique.


David Kilgour

A votre avis, pourquoi ces prélèvements d’organes ont été faits surtout sur les pratiquants de Falun Gong ?
Probablement en raison de leur nombre. La communauté de Falun Gong est passée de 0 en 1992 à 70-100 millions de personnes en 1999, selon une estimation du gouvernement. L’ancien Président Jiang Zemin a eu peur du nombre. Il pensait que si la communauté du Falun Gong se politisait – ce qu’elle n’avait pas l’intention de faire, j’en suis sûr- ça aurait fait beaucoup trop de gens et le peuple chinois aurait pu se tourner du côté du Falun Gong. En fait dans le dernier chapitre de notre livre, nous disons que ce serait une très bonne chose que les valeurs du Falun Gong deviennent les valeurs du peuple chinois, bien sûr sauf pour les gens du Parti.

Une autre chose justement : les valeurs. Vérité, tolérance et compassion sont des valeurs que les membres du Politburo ne comprennent pas et pour lesquelles ils n’ont pas de sympathie. Ils ont donc voulu faire la guerre à ces valeurs et ils l’ont fait, comme vous le savez, d’une manière terriblement injuste. Les médias ont pratiqué non-stop la diabolisation, la diffamation était non-stop. J’ai un ami qui est allé à Pékin il y a deux ans avec sa mère et ils se sont rendus sur la place Tian An Men. A un moment un membre de Falun Gong est arrivé sur la place et la guide a dit : « les Falun Gong mangent leurs enfants ». Voilà le genre de diabolisation ridicule que peuvent entendre les touristes se rendant sur la place Tian An Men.

C’est tout à fait similaire à ce qui s’est passé avec les Tutsi au Rwanda, avec les juifs en Allemagne, c’est le même modèle : vous voulez que les gens soit en colère contre une personne, et bien vous la diabolisez. C’est ce qui se passe avec le Falun Gong.

Face à cet horrible crime qui se passe en Chine envers les pratiquants de Falun Gong, que suggéreriez-vous à chacun de nous de faire ? Est-il possible d’ailleurs de faire quelque chose ?
Oh bien sûr nous le pouvons ! Chaque fois que nous allons à une réception, nous allons en parler avec des personnalités de Chine, à un professeur, à quelqu’un qui à des contacts avec le gouvernement chinois.

Comme je l’ai dit dans mon exposé, pourquoi irait-on préconiser un libre échange avec la Chine étant donné qu’ils ne respectent pas leurs obligations commerciales relevant de l’OMC, y compris l’interdiction absolue du travail forcé émise par l’OMC. Mais chacun devrait savoir qu’environ 300 000 personnes travaillent dans des camps de travaux forcés dont à peu près la moitié est des pratiquants de Falun Gong.

Donc il faut continuer à soulever la question, écrire des articles, parler aux gens, jamais s’arrêter, jamais abdiquer, jamais renoncer.

Et je pense que nous sommes en train de gagner la guerre. Je pense qu’ils se rendent compte qu’il n’y a rien à redire sur notre rapport par exemple. Je pense que nous sommes en train de gagner la guerre. Mais nous allons tous devoir faire ce que nous pouvons, ce que vous êtes en train de faire et ce que les gens ici à cette conférence font.

Ce prix aujourd’hui est une aide parce qu’il nous donne plus de crédibilité et nous pouvons plus aller de l’avant et être plus efficaces avec le prix que sans. Nous en sommes très reconnaissants pour cette raison.


Plusieurs personnalités étaient réunies à Berne à l’invitation de la Société Internationale des Droits de l’Homme pour cette remise de prix, dont Franz Immer le président de Swiss Transplant, l’organisation qui supervise les transplantations en Suisse, des médecins, le Professeur Stephan Gass de la Commission Internationale des Juristes, Arne Schwartz, expert en droit de l’homme, Wei liu, un ancien prisonnier de camps de travail chinois.

Outre le prix décerné, les participants ont voulu formulé une résolution condamnant formellement les prélèvements d’organes sur les pratiquants de Falun Gong, ce qu’ils ont considéré être un non respect des droits de l’homme autorisé par le Parti Communiste Chinois. Devant le manque de disponibilité d’organes dans les pays occidentaux, ils demandent à tous les intervenants dans les greffes d’organes de lutter contre le commerce international illicite d'organes et font un appel urgent aux dons d’organes.

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Vous pouvez trouver Les rapports de David Matas et David Kilgour en différentes langues sur leur site organharvestinvestigation.net . En 2009, ils ont publié un livre exposant le fruit de toutes leurs recherches : Bloody Harvest.


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