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Nicole chez les moines tibétains en Inde  Real PlayerWindows Media PlayerAdd to My PlaylistDonnez votre avis sur le programme
Durée du programme: 19'30"  download mp3

Nicole en mission L’émission existe aussi sur le


C’est la jolie histoire de Nicole, une aide soignante retraitée qui revient de Dharamsala au nord de l’Inde où elle est allée donner des soins à des tibétains lors d’une mission humanitaire de médecine traditionnelle chinoise (Photo de Patrick Shan).


Bonjour Nicole.
Bonjour.

D’où revenez-vous Nicole ?
Je reviens de l’Inde, de Dharamsala, qu’on appelle le petit Lhassa où se trouvent les réfugiés tibétains, vers les moines du Gyoto et de Norbulingka.

Qu’êtes-vous allée faire là-bas ?

Mon fils aîné a crée une association humanitaire : Humanitrad, et il participe à des missions humanitaires au Bénin, en Roumanie, au Dakota du Sud et en Inde. Chaque fois qu’il revient de mission, il nous montre des photos et je suis très intéressée par les indiens et les tibétains, ils ont beaucoup de choses en commun. C’est vrai que je m’étais promis de partir en mission avec lui et là ça c’est présenté : je suis partie le 6 novembre et suis revenue le 19 et j’ai participé aux soins de médecine chinoise.

Vous avez une formation médicale ?
J’étais aide soignante.

Vous êtes partie en participant à la mission de médecine chinoise ?
C’était de la médecine chinoise mais je n’ai pas posé d’aiguilles : j’ai fait ce que mon fils et les autres acupuncteurs me demandaient de faire : préparer des boulettes de moxa, masser , chauffer les aiguilles, retirer les aiguilles et bien que je ne parle ni l’anglais ni l’hindi, le barrage de la langue n’a pas été difficile car il suffit d’un sourire, d’un poignée de main, d’une caresse sur le bras et le contact passe tout de suite.

Vous êtes restée à Dharamsala ?
Dharamsala, Norbulingka, l’orphelinat dont la sœur du Dalai Lama est directrice, mais là nous ne piquons pas car il s’agit de jeunes enfants, donc nous apportons des médicaments, et nous sommes allés aussi dans un collège de jeunes étudiants qui ont traversé l’Himalaya dans des conditions très pénibles, pourchassés par les chinois, qui ont des traces de torture. Il y avait deux jeunes - qui me rappellent mes petits fils - de 24 ans qui m’ont pris dans leurs bras en me disant merci maman. Ce sont des choses qui nous laissent pas insensibles.
Il y avait des adultes, des enfants, des personnes âgées. Mon fils soigne tout le monde, des tibétains, des indiens, des chinois. A partir du moment où ils ont besoin de soin, nous soignons.

Mais comment ces gens qui ont leur propre médecine vous acceptent, vous occidentaux qui venez les soigner ?
Parce que la médecine tibétaine se rapproche de la médecine chinoise, mais les tibétains ne connaissent pas l’acupuncture et ne connaissent pas les moxas. Ils ont avides d’apprendre. Nous avons contacté un infirmier qui est moine à Gyoto qui était très avide d’apprendre. Eux ils soignent beaucoup par les plantes.

Votre mission consistait à soigner et à donner des cours ?
Ils sont là avides d’apprendre. Mon fils leur laisse des aiguilles et de la pharmacopée chinoise de façon à ce qu’ils assurent la continuité en attendant qu’il revienne l’année suivante. Ils viennent, regardent. Malgré leur misère, ils sont très joueurs, très blagueurs. Ils sont dénués de tout, quand vous pensez qu’un indien gagne 22 € par mois ! Nous avons l’expérience d’une praticienne suisse qui avait perdu une somme d’argent dans les rues du petit Lhassa et 2 jours après elle est retournée et à retrouvé la somme intégrale.

Ca vous a étonné ?
Oui, parce quand vous voyez qu’ils sont au seuil de pauvreté, ils vous font la mendicité : j’ai vu de jeunes enfants, on leur donne deux bonbons, ils vous bénissent comme si vous leur aviez apporté un tapis d’or. J’ai vu aussi des personnes âgées qui récitent leurs prières dans la rue : elle s s’arrêtent devant vous, vous prennent la main, vous caressent le visage, ne vous demandent rien. C’est vous spontanément qui avez envie de donner. Tous les praticiens ont donné tout ce qu’ils avaient dans leurs valises. Ils (les tibétains) n’ont rien à vous donner, mais voudraient vous apporter.

Vous êtes allés dans des villages reculés ?
Norbulingka et Dharamsala sont de petits villages. On a quitté Delhi et on a fait 500 km pour arriver à Dharamsala, ça fait une journée de route. A part les gens que nous avons soignés, on n’a pas fait le tourisme ! C’était des journées qui commençaient à 8h30 jusqu’à 12h30. On reprenait l’après midi, jusqu’au soir sans s’arrêter.

Ils étaient avertis de votre venue ?
Oui les moines étaient prévenus et comme mon fils avait déjà fait une mission l’année dernière, beaucoup sont revenus ; Chez les moines il y a beaucoup de problèmes articulaires et de malnutrition chez les indiens qui font 12 à 15 heures de travail par jour, des travaux de force mais sans beaucoup manger.

Il y a des enfants dénutris ?
Oui, mais les enfants c’est quelque chose d’étonnant. C’est un peuple très affaibli par la pauvreté, mais les enfants sont très bien tenus : les petites indiennes vont à l’école avec des jupes plissées, le chemisier blanc, des gilets bleu marine, de longues tresses avec des rubans dans les cheveux ; les parents sont habillés très proprement, mais chez les enfants il y a un amour de la part des parents, c’est merveilleux.
Dans ces pays pauvres, on a l’impression que tout le monde subit la famine. Mais les parents font passer les enfants avant tout.

Il y a une cohabitation entre tibétains et des indiens. Ca se passe comment ?
Il sont très bien acceptés. Les tibétains sont peut être plus courageux, il n’y a pas tous ces gens sur le pas de porte à regarder ; parce que l’Inde c’est ça : nous cohabitons avec les éléphants, les chameaux, les vaches, les chiens. Les voitures klaxonnent et les chiens et les vaches se rangent sur le coté. Dans les monastères tout le monde peut venir se faire soigner.

Ils vont dans les monastères se faire soigner ?
Oui.

C’est l’usage d’aller dans les monastères se faire soigner ?
Ce n’est pas dans les lieux de prières, ce sont dans les bâtiments attenants. A Gyoto, c’était dans le réfectoire, à Norbulingka dans l’infirmerie, chez les enfants c’était une pièce où ils étudient et pour les adolescents, dans une salle de sport.
Le monastère, je pensais en tant que chrétienne, que c’était un lieu où on ne pouvait pas aller comme ça. Du moment que vous ne dérangez pas pendant les offices, ils vous acceptent. Ils nous ont fait une pudja, car les moines de Gyoto se produisent dans le monde, ils chantent et c’est avec cet argent qu’ils font vivre la communauté.

Ce sont des moines bouddhistes tibétains ?
Oui

Ils sont nombreux ?
Oui, oui. On a interrogé un moine et on lui a demandé s’ils avaient des vacances. Ils ont droit à 15 jours de vacances par an et en tant que moines, ils ont des papiers officiels qui leur permettent de retourner au Tibet pendant les vacances et de revenir en Inde après. Mas par contre celui qui veut s’échapper du Tibet et qui déteint une photo du Dalai Lama , il faut pas qu’il soit pris par les chinois parce que ce sont des sévices à n’en plus finir.

Et vous avez pu discuter de cette situation. Comment voient-ils l’avenir du Tibet ?
Ils pensent qu’un jour le Tibet n’existera plus.

Pour en revenir à la mission proprement dite, combien étiez-vous de praticiens ?
Entre 10 et 14 personnes, habituellement ce sont des médecins, des infirmiers, des kinés, mais en Inde, pratiquement c’était des élèves ou d’anciens élèves de mon fils.

On va revenir aussi sur ce que vous avez fait, votre rôle de praticienne de médecine chinoise pendant ce séjour.
Au départ je ne me sentais pas très à l’aise ne pratiquant pas l’anglais, ne pratiquant pas la médecine traditionnelle chinoise. Je ne connaissais cette médecine que par mon fils et ma fille. Mon fils m’a dit : mais non il n’y a pas de problème, tu vas y arriver et c’est vrai que dans le groupe, tout le monde m’a mis à l’aise, ils m’on même appelée maman : « tu me passes les aiguilles », « tu me passes les moxas », et voilà.

Vous pouvez nous dire ce que sont les moxas ?
C’est, de l’armoise, une herbe ce qui nous a causé un problème à New Delhi en arrivant car ils ont ouvert un carton pensé que c’était de « l’herbe ». C’est de l’armoise séchée avec laquelle on forme une petite boulette qu’on place sur les aiguilles et qu’on allume. Donc la boulette se consume et chauffe l’aiguille qui irradie dans le méridien et ça soigne au niveau articulaire, douleurs, enfin en fonction des méridiens sur lesquels on pique, c’est sur les problèmes de douleurs que les moxas agissent vraiment bien. Il existe aussi des bâtonnets de moxas que vous chauffez aussi sur les parties du corps en faisant attention que les cendres ne brûlent pas le patient

C’est donc censé augmenter l‘efficacité de l’acupuncture ?
Oui, certains points demandent a être chauffés.

Vous n’aviez jamais pratiqué cela auparavant ?
Ah non, je ne connaissais ça que quand mes enfants me piquaient pour une raison précise. C’était vraiment une expérience tant par le voyage que par les soins apportés ; c’est une petite contribution que j’ai apportée mais j’ai l’impression d’avoir fait quelque chose d’énorme.

C’est la première fois que vous partez comme ça ?
Oui car quand mon fils me le demandait, je mettais toujours en avance mon age, en disant que je supporterai pas le climat, la fatigue et puis finalement j’ai fait une prouesse car j’ai été opérée d’une double hernie 15 jours auparavant.

Vous pouvez quand même vous dire votre âge?
J’ai 71 ans.

C’est vraiment une très belle expérience.
Oui et elle m’a apporté beaucoup. J’avais peur d’être une charge pou mon fils vu mon âge, vu mon opération et tout ça ; là je l’ai vraiment remercié car il m’a apporté quelque chose que je ne pensais pas pouvoir donner et je suis prête à recommencer l’expérience l’an prochain si mon état de santé le permet.

Toujours en Asie ?
Au Tibet : ils n’ont rien et veulent vous donner une grande richesse. Vous êtes obligés de dire : je recommencerai. Ils sont vraiment d’une gentillesse, d’une prévenance. Même entre eux, on voit les moines d’un certain âge venir toujours accompagnés d’un autre moine qui les aide à se déshabiller, à se déchausser, à s’installer sur la table. Il y a vraiment un respect, un respect vous voyez.

Alors à l’année prochaine Nicole, pour une autre expérience de voyage.
Et bien, on se retrouvera l’année prochaine si tout va bien.

Merci beaucoup

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Humanitrad est une annexe de l’Ecole de Médecine Traditionnelle Chinoise CEDRE basée en France à Valence ( www.cedre-fr.org). C’est une organisation humanitaire de médecine chinoise qui a pour objectif de :
• Développer la pratique de la médecine traditionnelle chinoise dans le cadre de missions de soins à caractère humanitaire, auprès de minorités ethniques ou de populations défavorisées.
• Œuvrer à la collaboration entre les ethnomédecines et la médecine moderne dans le cadre de l'humanitaire et des programmes de santé.
• Favoriser les échanges entre les médecines issues de différentes cultures.
• Contribuer à la préservation des savoirs médicaux traditionnels, autochtones et ancestraux.


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