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L'Homme vient - il du cosmos?  Real PlayerWindows Media PlayerAdd to My PlaylistDonnez votre avis sur le programme
9/8/2007 Saturday     Durée du programme: 13'29"  download mp3

Mytérieux univers, tout sur le

Voici Comète et Syrius qui conversent sur l’origine de L’homme.
Au fil de leur dialogue, ils se demandent si l’Homme serait né d’une poussière d’étoiles, ou en même temps que le big bang. Comète et Syrius s’interrogent si les pensées, les émotions de l’homme, viennent de la matière qui se trouve dans le cosmos.
Découvrons différentes réponses des scientifiques, et des civilisations diverses dans ce dialogue…


Comète : Qui donc dans sa vie ne s’est pas demandé un jour d’où il venait, quelle était sa véritable origine?

Syrius : Tout le monde bien sûr. L’idée encore communément admise aujourd’hui est que l’homme descend du singe et que tout au début de l’apparition de la vie sur terre il n’y avait que des micro-organismes qui se sont petit à petit complexifiés.

Comète : Oui, de nos jours, on continue d’adhérer à la théorie de l’évolution mais de plus en plus de nouvelles hypothèses sont avancées.

Syrius : Qui remettent en cause le monde scientifique?

Comète : La science ne nous a simplement pas encore permis de comprendre d’où nous venons et de quoi nous sommes faits, car pour le moment, elle n’a donné que des réponses partielles par rapport à la matière et ne s’est, par exemple, pas occupée de l’esprit. Mais heureusement il y a aussi eu des hommes scientifiques courageux qui ont tenté des explications sur notre origine

Syrius : Et qui donc?

Comète : Commençons par citer Pierre Teilhard de Chardin

Syrius : C’était un philosophe ?

Comète : Pierre Teilhard de Chardin est né en France en 1881, et il est mort en 1955. Il a été ordonné prêtre après quatre ans de séminaire théologique en Grande-Bretagne. Mais c’était aussi un homme scientifique. Il rejoint en 1912 le Muséum d'histoires naturelles de Paris et y a travaillé avec Marcellin Boule, paléontologue qui avait étudié le premier squelette entier d'un Homme de Néandertal. En 1950, il entre à l'Académie des sciences.

Syrius : Qu’avait-il à dire alors sur l’origine de l’homme?

Comète : L’originalité de sa pensée est qu’il a opposé aux affirmations du passé, les interrogations du présent. Qu’est-ce que le monde ? Qu’est-ce que la vie? Qu’est-ce que l’homme ? Qu’est-ce que Dieu?

Pour comprendre sa démarche, il faut remonter à la première explication du monde, celle relatée par les Hébreux dans les premiers chapitres de la Bible. Ces récits constituent le premier livre d’Histoire connu, raison pour laquelle on l’intitule le « Livre ». A l’époque, l’histoire du monde se déroulait dans un décor fixe.
Aujourd’hui, grâce aux avancées de la science nous pouvons imaginer que l’homme serait la flèche d’une trajectoire qui a débuté il y a environ 15 milliards d’années et qui continue sa course. L’histoire de l’Homme s’insère donc dans l’histoire du cosmos. Nous sommes des« poussières d’étoiles » constate Hubert Reeves, puisque les atomes qui nous constituent ontété fabriqués dans le coeur des étoiles, il y a des milliards d’années.

Syrius : Cela me fait penser au Petit Prince qui cherche avec nostalgie dans le ciel, l’étoile d’où il vient.

Comète : Hubert Reeves, célèbre astrophysicien, a beaucoup contribué à expliquer dans un langage accessible à tous les avancées de la science en astronomie. Mais dans son livre « Intime conviction », Hubert Reeves décrit aussi très bien les limites de la science pour évoquer nos origines. Il reconnaît que le langage scientifique, si efficace pour explorer le monde, est parfaitement incapable d’exprimer notre émotion. Le vertige que l’on ressent lorsqu’on réalise que l’histoire de l’univers est aussi la nôtre et que notre vie s’inscrit dans une trame qui contient aussi celle des galaxies, des étoiles et des atomes, s’exprime mal avec les mots de la science. Hubert Reeves explique que le lieu de ce manque se situe dans ses jumelles, quand il arpente la voie lactée.

Syrius : C’est vrai que j’ai toujours été frappé par la pauvreté du langage de la science face au mystère que pose l’homme et son origine.

Comète : Oui en effet. Et pour en revenir à Pierre Teilhard de Chardin, il est intéressant de relever qu’il est un des premiers scientifiques à revendiquer l’intuition comme outil supplémentaire. Toute son éthique repose sur une dialectique entre le savoir et l’intuition sans lesquels il n’y a pas d’approche possible de la vérité. Selon lui, l’intuition permet de voir juste dans un schéma scientifique rigoureux. Il surmonta ainsi l’antagonisme entre esprit et matière, donc entre religion et science, qui étaient en conflit permanent à son époque.
Teilhard comparait la Terre à une cellule d’un plus grand ensemble organique se situant quelque part dans le cosmos. Pour cela, il faut donc que des molécules concourent
à la formation de cette cellule et ces molécules sont elles mêmes composées d’atomes. Vous me suivez?

Syrius : jusque là, oui.

Comète : Et bien, partant de cette loi biologique, il considérait par exemple que l’Europe représentait une de ces molécules dont les atomes seraient les nations. De ce seul point de vue, pour Pierre Teilhard de Chardin la construction de l’Europe avait un sens fondamental dans une des étapes de la construction de la Terre, qui lui était si chère, le tout s’inscrivant dans un principe d’évolution.

Syrius : Cette conception du monde me fait penser aux écrits bouddhistes qui considèrent notre monde inscrit dans d’autres mondes. Par exemple sur une plage, on imagine que chaque grain de sable contient un autre monde et dans ce monde, il y a encore des plages composées de grains de sable qui contiennent chacun un autre monde etc.
Et dans un soutra du Bouddha on peut lire : « Voir dans un atome et dans chaque atome la totalité des mondes, tel est l’inconcevable».

Comète : Oui, quand on y pense, c’est tellement vaste que ça donne le vertige. Et c’est justement ce vertige qu’Hubert Reeves évoque quand il dit que l’histoire de l’univers est aussi la nôtre et que cette histoire date de plus de 15 milliards d’années.

Syrius : En somme, pour en revenir à Pierre Teilhard de Chardin, il a le grand mérite de décloisonner la recherche.

Comète : Il sentait en effet que l’astrophysique, la paléontologie et la biologie ne pouvaient plus s’ignorer. Chaque découverte était pour lui prétexte à un travail de synthèse.

Syrius : Quel type de synthèse ?

Comète : Il souhaitait faire la synthèse de la vie profondément enracinée dans la science, mais pas limitée par la science. Et il tenait aussi à faire la synthèse de la vie au sein du cosmos, puisque la vie n’est vraisemblablement pas l’apanage de la terre.
Il a passé sa vie à vouloir dépasser la science tout en se référant à elle. Il se posait sans cesse la question : qu’y a-t-il derrière la science, cet outil de la connaissance?

Syrius : Einstein lui-même avait pressenti que la science ne pouvait pas s’en tenir à des formules mathématiques. Il avait l’intuition que la métaphysique était indissociable de la physique. Il avait déclaré: « ce qu’il y a de plus en plus incompréhensible dans l’univers, c’est qu’il soit compréhensible».

Comète : Pierre Teilhard de Chardin soutenait que la mutation spirituelle que tant d’hommes espèrent, ne peut se réaliser qu’à partir du monde matériel, parce que selon lui, l’esprit n’a pu jaillir que de la matière. La matière est la matrice de l’esprit.

Syrius : suivant cette logique, nous pourrions alors dire que tout est matière, même les pensées, les sentiments?

Comète : En effet, Hubert Reeves dit que la nature, en créant l’être humain, s’est donné un cœur. Il n’est pas sûr que la compassion existe au niveau de l’ADN, cela n’a en tout cas pas encore été démontré mais il est certain qu’elle se trouve au niveau de la personne toute entière. Pour Hubert Reeves, La compassion « est » dans la nature et par extrapolation, on peut dire qu’elle « est » donc aussi dans l’univers entier.

Syrius : Une fois de plus, cela nous ramène à la pensée bouddhiste qui nous apprend que la compassion est une des matières fondamentales de l’univers et que plus on s’en rapproche, plus on se met en harmonie avec l’univers.

Comète : Oui. C’est amusant, notre discussion me fait penser à un très beau livre intitulé « L’infini dans la paume de la main ». C’est un dialogue passionnant entre Mathieu Ricard devenu moine bouddhiste après avoir été chercheur en biologie et Trinh Xuan Thuan, astrophysicien et professeur à l’université de Virginie, d’origine vietnamienne. Tous deux conviennent que la science et la spiritualité éclairent chacune à leur façon la vie des hommes et que toutes deux ne sont pas antagonistes mais des moyens complémentaires pour comprendre le monde.

Syrius : Evoquent-ils l’origine de l’homme?

Comète : Oui, dans un passage, ils se demandent si l’univers a un début. L’astrophysicien évoque la théorie du Big Bang selon laquelle l’univers a été créé il y a environ 15 milliards d’années, simultanément avec le temps et l’espace. Le bouddhisme se demande s’il est vraiment nécessaire qu’il y ait un début. Le Big Bang de la physique est-il une explosion primordiale ou le commencement d’un cycle particulier dans une succession sans début ni fin d’un nombre incalculable d’univers?

Syrius : La question est en effet posée par la science. Mais dans le bouddhisme et dans les croyances des indiens d’Amérique, on apprend que la vie sur terre a eu de nombreux cycles et qu’il en a été de même pour l’univers. Que dit l’astrophysicien Trinh Xuan Thuan par rapport à notre origine ?

Comète : Il rejoint complètement la pensée d’Hubert Reeves en déclarant « Nous sommes des poussières d’étoiles : c’est une des grandes découvertes de l’astronomie contemporaine. Il est certain que l’état actuel de nos connaissances scientifiques nous amène à une perspective différente de la place de l’homme dans le cosmos entre cet infiniment grand et cet infiniment petit».
Il nous apprend que la cosmologie moderne a précisé l’étroite connexion cosmique que nous avons avec le reste de l’Univers. Les étoiles sont nos ancêtres à cause de toutes les particules qui nous constituent. Ce sont des particules qui existent depuis le début de l’Univers et qui viennent sans doute des étoiles; d’où son affirmation que nous sommes des poussières d’étoiles et c’est selon lui une des grandes découvertes de l'astronomie contemporaine.

Syrius : mais arrive-t-il à nous éclairer sur le tout début de nos origines ?

Comète : Il nous apprend en effet qu’une autre découverte, très importante, c'est que dès les premières fractions de seconde du Big Bang (cette explosion qui aurait donné naissance à notre Univers car comme on l’a vu, on peut supposer qu’il y en a d’autres encore), tout était réglé de façon extrêmement précise, non seulement pour que la vie apparaisse, mais aussi pour qu’une conscience naisse qui permette d’appréhender l’Univers, d’apprécier sa beauté, son harmonie. C’est ce qu’il appelle le principe anthropique. Et ce principe dit que si l’on varie un tant soit peu les constantes ou les conditions initiales de l’Univers, la vie ne pourra plus exister.

Syrius : Cela fait réfléchir à notre responsabilité sur Terre. Si nous détruisons notre environnement par la pollution ou des explosions atomiques, cela pourrait avoir des conséquences pour l’univers entier?

Comète : Une chose est sûre en tout cas. Plus la science avance dans ses découvertes, plus on découvre à quel point nous sommes interconnectés avec le tout, le Grand Tout, devrions-nous dire. Donc, dans cette perspective, chacun de nos actes, chacune de nos pensées, ont une conséquence pour l’avenir de notre environnement proche et lointain. Nous sommes étroitement liés avec le ciel et les étoiles.

Syrius : Effectivement et intuitivement, on le devinait déjà. Tout être humain a pu faire l’expérience de ressentir un intense bonheur en regardant les étoiles un soir d’été. C’est un bonheur universel. N’est-ce pas là un indice supplémentaire pour nous éveiller sur notre véritable origine?

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