A propos de nous
Comment écouter
Nous contacter
Ajouter aux favoris
Accueil
Les 9 Commentaires
L'Écho de L'Asie
Flash Asie
Les news
Leçon de chinois
Thème de la semaine
Les Contes
Agenda culturel
Recette de cuisine
Mystérieux Univers
Musique
 

Mystérieux Univers

Les guérisseurs dans les hôpitaux 29.06.08  Real PlayerWindows Media PlayerAdd to My PlaylistDonnez votre avis sur le programme
Durée du programme: 12'44"  download mp3

Les guérisseurs sont les bienvenus dans nos hôpitaux.

Qui dans son entourage, n’a pas entendu le témoignage d’une voisine ou d’un de ses proches ayant fait appel à un guérisseur pour soigner une entorse, une brûlure, une verrue ou une douleur chronique que la médecine traditionnelle peine à guérir ? Le phénomène est courant et les guérisseurs sont connus depuis longtemps dans nos campagnes.

Mais à notre grand étonnement, ces guérisseurs, jadis regardés de travers par le monde scientifique connaissent à présent un véritable regain d’intérêt dans les hôpitaux. En Suisse, l’engouement a d’abord été remarqué dans les cantons catholiques tels que le Jura, le Valais et Fribourg puis le phénomène s’est étendu à d’autres cantons comme Genève.

De nos jours, bien souvent, le patient ne se contente plus de considérer la maladie ou l’accident comme une partie distincte et isolée de sa vie. Beaucoup d’entre nous recherchent un sens à leurs épreuves. Le hasard n’est plus l’explication absolue aux incidents de la vie. Il n’est d’ailleurs pas rare d’entendre une personne dire » ce n’est pas un hasard si telle maladie ou tel accident m’est tombé dessus ». De plus en plus on ressent le besoin de trouver une signification à nos épreuves car c’est une manière d’en ressortir grandi en s’évitant ainsi l’impression d’avoir perdu son temps. Ce n’est donc pas étonnant de constater qu’un patient est souvent à la recherche d’une solution globale pour soulager sa souffrance et c’est pour cette raison qu’il n’hésitera pas à combiner plusieurs approches.

Les médecines populaires déconsidérées autrefois par le monde médical traditionnel ont fait du chemin et sont de nos jours beaucoup mieux reçues au sein de la communauté scientifique non pas parce qu’on est en mesure de prouver scientifiquement leur efficacité, mais (et l’on peut s’en réjouir), parce que les esprits se sont ouverts et sont prêts à tolérer des pratiques non orthodoxes, pourvu qu’elles soient au service du patient et qu’elles l’aident à moins souffrir. Il n’est pas rare, de nos jours, d’avoir à faire à une infirmière, ou même à un médecin qui encourage leur patient à suivre une approche thérapeutique populaire en complément au traitement médical proposé.

Cette ouverture d’esprit explique le succès actuel des guérisseurs dans nos hôpitaux. Parmi eux, notons que les coupeurs de feu ont tout particulièrement le vent en poupe. Dans presque tous les services d’urgence des hôpitaux suisses, les infirmières ont noté parfois sur un bout de papier ou parfois même sur une liste tout à fait officielle, le ou les numéros de téléphone de coupeurs de feu. Lorsqu’un patient se présente à l’hôpital avec une brûlure, il est très fréquent qu’en plus des soins qui lui sont donnés, qu’il se voit proposer un numéro à composer pour se mettre en relation avec un coupeur de feu.

Mme Nardin qui a été infirmière dans un service d’urgences à Neuchâtel dans les années 80 et qui travaille actuellement à Genève se rappelle de nombreux exemples de patients où cette proposition a été faite. Et elle reconnaît que les patients en question ont véritablement éprouvé du soulagement à leur douleur après avoir été mis en contact avec un coupeur de feu. Mais il faut admettre qu’il est difficile dans ces situations où l’on mêle simultanément deux approches thérapeutiques différentes de savoir dans quelle proportion l’une ou l’autre a été efficace.

Cependant, il faut croire que l’efficacité des coupeurs de feu est bien réelle ou en tout cas que la confiance en eux est bien réelle puisque de plus en plus de médecins et d’infirmières y ont recours dans les hôpitaux.

Mais alors comment cela fonctionne ?

Sur le web, on peut trouver de nombreux témoignages de guérisseurs qui racontent comment ils ont obtenu leurs dons.

Il semblerait que très fréquemment, la personne reçoit le don d’une autre personne au moment de l’approche de sa mort. Aussi incroyable que cela puisse paraître, il suffirait d’une petite cérémonie pour que la personne élue reçoive le don et perpétue la tradition de coupeur de feu.

Certains coupeurs de feu parlent aussi d’héritage familial sans qu’il n’y ait eu de passation à proprement parlé. Ils ont été en contact avec un aïeul qui avait ce don et petit à petit ils l’ont développé à leur tour. Pour eux, c’est une prise de conscience et ensuite un travail d’apprivoisement du don.

Apparemment, tous les guérisseurs reconnaissent que leur don va de pair avec une foi. Dans nos contrées, pour beaucoup, il s’agit de la foi chrétienne. Mais n’oublions pas que les guérisseurs se trouvent partout dans le monde et dans toutes les spiritualités.

Pour que le don fonctionne, il faut que la personne qui souhaite être guérie soit en totale ouverture avec ce qu’elle va recevoir. On peut de ce fait imaginer qu’une personne septique bloquera la réception de ce don et ne ressentira peu ou pas d’effet. Mais lorsque l’on est soumis à une grande souffrance, sommes-nous encore en état de résister ? Non, notre seule idée est d’être soulagé de la douleur, peut importe la manière. On peut donc facilement concevoir qu’une personne souffrante, quelque soit ses croyances antérieures, est dans un état de réceptivité totale face à une personne qui se dit en mesure de pouvoir la soulager et voilà pourquoi cela marcherait si bien en situation aigüe dans nos hôpitaux.

Certains guérisseurs prétendent être nés avec leur don. Voici le témoignage de Ambre :
« Pour ma part, mes dons, je les avais déjà à la naissance... tous mes dons me viennent de ma vie antérieure; ce sont ceux que j'avais autrefois et je les ai encore... je n'ai rien fait pour les acquérir ou les développer. Je présume que tout ceci ne me vient pas uniquement de ma dernière vie mais aussi de toutes les autres que j'ai vécues avant. J'ai mis un certain temps à réaliser que cela ne venait pas de moi, car je n'ai en fait rien d'exceptionnel si ce n'est justement, ces dons... je crois plutôt que nos dons viennent d'ailleurs. Mais je pense aussi que l’on peut perdre ses dons si l’on perd sa foi ou si on change de foi
En définitive, je crois que ceux qui ont des dons, ne sont que des outils, des instruments et c'est ce qui leur permet d'utiliser ces dons... je me trompe peut-être, mais c'est ce que je pense à ce sujet ».

Cette conception du don nous rapproche de la pensée bouddhiste qui considère que toute personne est douée de capacités supranormales dès sa naissance. Mais la majorité d’entre nous en aurait été coupé par toutes sortes de phénomènes écran en relation avec l’éducation reçue et avec notre accumulation de karma lié aux mauvaises actions et aux mauvaises pensées. Toujours selon la vision bouddhiste un des buts de notre vie est alors de retrouver notre véritable nature originelle. Mais cette quête est indissociable d’un art de vivre où l’on doit s’efforcer constamment d’améliorer notre vertu en développant des valeurs telles que la bienveillance et la tolérance. Quelles que soient les spiritualités, les personnes qui possèdent le don de guérir ou de soulager s’abstiennent de mêler leur activité philanthropique avec l’argent car pour elles, cela ne fait aucun doute que leurs dons proviennent du ciel.

Une coupeuse de feu dans le Jura suisse reconnaît qu’elle se considère comme une intermédiaire entre dieu et le malade. « Sans la foi, je ne pourrais rien faire déclare-t-elle, cela ne marcherait pas ». Apparemment, les gens du village et le curé ne s’offusquent pas de ses pratiques. Et d’ajouter : » dans le temps, il n’y avait pas beaucoup de médecins dans ce coin de fermes isolées. Alors on se débrouillait comme on pouvait, avec des plantes ou avec le secret. »

Malheureusement, il se trouve que certains guérisseurs tombent dans le piège de l’argent et se mette à exiger des sommes de plus en plus grandes aux personnes qui viennent les consulter. Il faut donc se méfier des guérisseurs qui en veulent à votre porte-monnaie ou qui affiche d’emblée un prix à leur consultation car il y a de fortes chance que ce soit des guérisseurs qui ont perdu leur don ou tout simplement des charlatans qui profitent de la crédulité et du désespoir de personnes souffrantes. Notons que les coupeurs de feu qui interviennent par un simple coup de fil dans nos hôpitaux ne demandent jamais le moindre centime.

En Suisse, il semblerait que la place que les hôpitaux font aux guérisseurs et aux coupeurs de feu soit tout à fait exceptionnelle en Europe. Silvia Mancini, spécialiste des pratiques transversales et marginalisées déclare qu’on ne verrait jamais une telle ouverture d’esprit dans les hôpitaux en France ou en Italie, bien que cela existe quand même.

Pour Iliaro Rossi, professeur en anthropologie de la santé à l’Université de Lausanne, les médecins s’intéressent de plus en plus aux médecines parallèles, il est de plus en plus fréquent, en effet, d’avoir un médecin de famille qui pratique l’acupuncture ou qui s’intéresse au Reiki ou à la réflexologie.

On peut même vérifier cette ouverture d’esprit des médecins à travers les propos de Jacques de Haller, président en 2006 de la Fédération des médecins suisses (FMH) . Il déclare: « Les hôpitaux pratiquent une médecine de premier recours, dans des conditions de grande détresse et d’incertitude, et n’ont donc pas réponse à tout. Si une solution existe – et manifestement il y a des gens que les guérisseurs aident-il serait idiot de ne pas y recourir. » Voilà un propos plein de sagesse et d’humilité et qui a le mérite d’être tourné entièrement sur le bien du patient. Elle est loin cette arrogance du médecin qui pensait détenir tout le savoir sur la santé et la maladie et on ne peut que se réjouir de cette évolution de la pensée.

©2005 - 2010 Radio Son de l'Espoir